19/03/2026
Et si le principal obstacle à l’inclusion… relevait du design ?
L’inclusion s’est imposée comme un objectif central dans de nombreux secteurs : enseignement supérieur, innovation, politiques publiques ou encore développement de produits. Pourtant, malgré cette prise de conscience, un écart persiste entre les intentions affichées et les expériences réellement vécues.
Un design qui exclut sans le vouloir
La plupart des démarches de conception revendiquent une volonté d’universalité. Dans les faits, les produits et services sont souvent pensés à partir d’un utilisateur implicite, dont les caractéristiques reflètent les normes dominantes.
Les besoins qui s’en éloignent deviennent alors secondaires, voire invisibles. Ainsi, loin d’être neutre, le design intègre des biais qui structurent les conditions d’accès à un produit ou à un service.
Les situations d’exclusion observées dans l’usage des produits sont rarement accidentelles. Elles résultent de décisions prises en amont : hypothèses d’usage, choix d’interface, contraintes techniques ou économiques…
Le design ne se contente pas de répondre à des besoins : il définit également qui peut accéder à une expérience, dans quelles conditions, et avec quel niveau de confort.
Un double enjeu : accessibilité et qualité d’expérience
Penser l’inclusion en design ne peut se limiter à une logique d’accessibilité.
Deux exigences complémentaires doivent être considérées :
Cette distinction est essentielle. Un produit peut être techniquement accessible, tout en proposant une expérience dégradée, complexe ou marginalisante.
Concevoir implique nécessairement de faire des choix — et donc d’exclure. L’enjeu n’est pas de supprimer toute forme d’exclusion, mais de la rendre visible et de l’intégrer dans la démarche de conception.
Vers une approche plus inclusive de la conception
Dans de nombreux projets, l’inclusion est abordée tardivement, sous forme d’ajustements. Cette approche reste limitée.
Une démarche plus structurante consiste à intégrer la diversité dès les premières phases :
L’objectif n’est plus simplement de rendre un produit accessible, mais de le concevoir pour une pluralité de situations réelles.
Dans ce contexte, le rôle des concepteurs évolue. Il ne s’agit plus uniquement de produire des solutions efficaces, mais d’interroger les conditions d’accès qu’elles créent.
Concevoir sans stigmatiser : l’exemple des Flâneuses
Certaines innovations illustrent concrètement cette évolution du design.
C’est le cas des Flâneuses, développées par la startup toulousaine E-Hé et déployées notamment au musée du Louvre. Il s’agit de fauteuils mobiles multifonction conçus pour accompagner les visiteurs tout au long de leur parcours.
Leur intérêt ne réside pas seulement dans la fonction d’assistance, mais dans la manière dont elles ont été pensées pour être universelles et non stigmatisantes, ce qui les distingue nettement des aides classiques comme les déambulateurs.
👉 Le principe clé du design inclusif appliqué ici : concevoir pour des situations spécifiques sans assigner les utilisateurs à ces situations.
Autrement dit, l’objet est ouvert à tous — ce qui améliore à la fois l’accessibilité et la qualité d’expérience.
L’inclusion comme levier d’innovation et de transformation
L’intégration de la diversité des usages constitue à la fois une exigence éthique et un levier d’innovation.
Concevoir pour des situations contraignantes permet de développer des solutions plus robustes, plus flexibles et plus pertinentes pour l’ensemble des utilisateurs.
À la d.school, cette approche s’inscrit pleinement dans une vision du design soutenable, intégrant à la fois des enjeux sociaux et environnementaux.
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